retour accueil


Le planétarium ne doit pas être sacrifié
Installé dans le paysage culturel stéphanois depuis 1993, l’Astronef – Planétarium de Saint-Etienne a terminé l’année 2009 avec un bilan flatteur. Ce dernier fait état d’un public de 35 300 personnes, en augmentation de 16 % par rapport à 2008. Pour la deuxième année consécutive, l’Astronef a enregistré une hausse significative de sa fréquentation.

Le travail de l’équipe de l’Astronef est reconnu et salué par la communauté internationale des planétariums, notamment pour ses créations, dont de nombreux planétariums français ou étrangers ont acheté les droits d’exploitation. Ce n’est d’ailleurs pas sans raison que l’Association des Planétariums de Langue Française a prévu de transférer son siège à l’Astronef dans le courant de l’été 2010.

Il y a quelques jours encore, un responsable de la Ville nous affirmait : « tout le monde reconnaît la qualité de votre travail ». Le même jour, un autre responsable de la Ville nous disait : « vous êtes les meilleurs, après le FIL, en terme de coût par visiteur et en terme de coût à la collectivité ». L’Astronef coûte chaque année une quinzaine d’euros par visiteur et moins de 5 euros par foyer fiscal stéphanois. En 2009, ses recettes propres ont couvert plus de 30% de ses dépenses. Ces résultats sont exceptionnels pour un équipement culturel comme le nôtre. Exceptionnels. Et ils ont été obtenus par une équipe de 10 personnes représentant 8,5 équivalents temps plein.

Au-delà de ces chiffres et de ces bons résultats, l’Astronef se félicite d’être investi d’une mission de service public particulièrement importante dans notre société et à notre époque, une mission qui lui assigne un double rôle : un rôle culturel, celui de la diffusion de la culture scientifique dans le grand public ; et un rôle éducatif, en complément des enseignements dispensés dans le cadre scolaire. Notre spécialité est la vulgarisation de l’astronomie, de la planétologie et des sciences spatiales ; des domaines que l’on retrouve immanquablement à la base de sujets comme le mécanisme des saisons, les origines du calendrier, l’origine et l’évolution de l’atmosphère terrestre, la télédétection et les communications par satellite, le système GPS, et bien d’autres encore. On ne peut sérieusement aborder les problèmes comme ceux relatifs au devenir de notre planète, sans un minimum de connaissances dans les domaines scientifiques que nous mettons à la portée de tous, au planétarium de Saint-Etienne.

Pourtant, l’Astronef est menacé. Il est menacé parce que la Ville de Saint-Etienne envisage de réduire de moitié la subvention annuelle d’équilibre qu’elle verse à l’Astronef, et ce à partir de 2011. Ajoutée à nos recettes propres, cette subvention couvre l’intégralité des dépenses de fonctionnement du planétarium, y compris les salaires et les charges patronales. Rappelons en effet que le personnel de l’Astronef n’est pas municipal. Notre employeur est une association « Loi 1901 » à laquelle la Ville de Saint-Etienne a confié une Délégation de Service Public. Si la réduction annoncée de la subvention municipale était compensée par l’ajout de nouvelles sources de financement, il n’y aurait aucun problème. Mais nos demandes auprès des présidents du Conseil Général et de Saint-Etienne Métropole n’ont pas abouti. Le risque actuel est donc que le Planétarium de Saint-Etienne voie son budget amputé de 250 000 € à partir de 2011. Cette somme représente 1/1000 des dépenses de fonctionnement prévues au Budget Primitif de la Ville de Saint-Etienne pour l’exercice 2010. Et elle correspond à moins de 2.5% des dépenses prévues cette année pour la Direction des Affaires Culturelles, dépenses qui ne comprennent pas la masse salariale des équipements culturels municipaux. Mais une coupe de 250 000 € dans notre budget ne peut être obtenue sans une totale remise en question de nos activités, de notre mission de service public et de nos emplois. Nous sommes convaincus que des solutions peuvent être trouvées pour que cette économie ne soit pas faite sur le seul fonctionnement de l’Astronef, mais répartie de façon « indolore » sur plusieurs lignes du budget municipal, sans que cela ne menace aucune structure.

La municipalité dit vrai lorsqu’elle indique que notre public dépasse la seule commune de Saint-Etienne : 35% de notre public réside dans la ville et 60% dans l’une des communes de Saint-Etienne Métropole. Nous avons d’ailleurs toutes les raisons de penser que, de ce point de vue, nos statistiques sont tout à fait comparables à celles des autres équipements culturels de la Ville. Et tant mieux : il est de notoriété publique que la commune de Saint-Etienne se dépeuple, et il va de soi que plus il y aura de lieux attractifs dans notre ville, plus il y aura d’espoir pour une renaissance démographique et économique de Saint-Etienne. Ces pourcentages de « non stéphanois » dans notre fréquentation ne peuvent justifier le sacrifice d’un équipement comme le nôtre, même si nous reconnaissons qu’il serait plus juste que l’effort financier ne repose pas entièrement sur la Ville. Nous sommes un équipement phare de l’animation culturelle stéphanoise ; nous remplissons efficacement notre mission de service public ; nous participons activement au rayonnement de Saint-Etienne ; et nous contribuons au développement économique de l’agglomération à travers notre collaboration avec une entreprise locale, leader européen dans la conception de planétariums numériques.

Pour toutes ces raisons, nous demandons solennellement à Monsieur le Maire de Saint-Etienne de prendre la décision politique de sauvegarder l’avenir du Planétarium de Saint-Etienne, en lui octroyant, pour la prochaine Délégation de Service Public, un budget de fonctionnement compatible avec sa mission et avec la poursuite de ses activités actuelles.

L’équipe de l’Astronef – Planétarium de Saint-Etienne

le 18 janvier 2010